Baron samedi

Les deux figures tutélaires qu’Alain Buffard a choisies pour son nouveau spectacle semblent a priori ne pas avoir grand-chose en commun. Et pourtant Baron Samedi – esprit vaudou de la mort, grand perturbateur de cérémonies joyeusement obscène – et Kurt Weill – compositeur allemand dont l’univers musical est peuplé de mauvais garçons et de drôles de dames – partagent la même défiance envers la norme et la même volonté de la transgresser par le métissage. Avec (Not) a love song, présenté à Châteauvallon en mars 2009, le chorégraphe avait tenté l’expérience de l’opéra dansé, il tente celle du cabaret contemporain avec Baron Samedi dont la sarabande carnavalesque se déroule sur une scène cornée comme une page où chacun s’émancipe de son rôle convenu. Les danseurs chantent et les musiciens dansent et tous s’amusent à brouiller les pistes pour nous rappeler à quel point il est illusoire de croire ce que l’on voit !