Ce que j’appelle oubli

Texte : Laurent Mauvignier Mise en espace et interprétation : Denis Podalydès Une phrase unique court sur soixante pages. Elle commence en ayant déjà commencé, ne comportant pas de majuscule, ouvrant par la conjonction « et » : « et ce que le procureur a dit, c’est qu’un homme ne doit pas mourir pour si peu » et voilà, nous sommes engagés, acteur ou spectateur, dans le mouvement de cette phrase, de cette histoire, celle d’un homme qui est mort dans un supermarché sous les coups de vigiles à cause d’une canette de bière volée. Il y a dans ce texte un désir lazaréen de faire revivre, par la phrase, l’homme disparu.