De beaux lendemains

Une route gelée du nord des États-Unis, un car de ramassage scolaire qui dérape, s’effondre, fait quatorze victimes parmi les enfants et deux rescapées…seulement. Un fait divers pour point de départ et à l’arrivée, le témoignange de quatre personnes intimement et émotionellement liées au drame. L’adaptation d’Emmanuel Meirieu du roman de Russell Banks, de beaux lendemains, est, selon les mots de l’auteur américain lui-même, “d’une sobriété puissament émouvante” car toute la force de ce récit réside dans les quatre évocations qui en sont faites comme autant d’éclairages nouveaux et distincts du drame. Une scénographie pure et froide comme la neige, au lieu d’ensevelir la parole, la magnifie, en révèle la vérité nue sans voyeurisme ni exhibitionnisme. Délicatement soulignés par le piano de Raphaël Chambouvet, les mots d’Evelyne Didi, Jérôme Derre, Redjep Mitrovitsa et Maud Wyler, tous remarquables de justesse, ont la nécessité d’une cérémonie expiatoire.