Dreck

À 20h. Il dit s’appeler Sad, cet Irakien qui a abandonné son pays en guerre pour gagner l’Allemagne, où il vend des roses pour survivre. Mais peut-on le croire ? Sa confession est truffée de mensonges et de reniements qui égarent sur sa sincérité. Il ne possède qu’ « une chaise pour patrie » et se définit lui-même comme un « barbare », croquant des oignons crus comme des pommes… Lorsque la norme devient la règle, l’« autre » symbolise toujours une menace : immigré ou clandestin, il est la cible de toutes nos suspicions. Avec Dreck, Robert Schneider offre une voix puissante à ces êtres à la marge, parfois invisibles. Après une première mise en scène en 1997 pour le Théâtre National de Strasbourg, Charles Berling renouait la saison dernière avec ce monologue aux questionnements assourdissants, dont le sujet reste plus que jamais d’actualité. La performance de l’acteur Alain Fromager y explore jusqu’au vertige la force et les failles de cet inquiétant personnage de Sad, figure troublante de l’altérité.