Fang Zhaolin, le voyage intérieur

Entrée libre. Gratuit. Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h. Fermé les dimanches, lundis et jours fériés. Visites guidées pour scolaires et groupes sur rendez-vous. à noter / Pour cet été, nous vous précisons que seule l’exposition temporaire consacrée à Fang Zhaolin est ouverte. Les étages avec les collections permanentes sont fermés. – America’s Cup World Series 2016 Du 9 au 11 septembre – Grande rade – Plages du Mourillon En raison de mesures de sécurité maximales, le Musée des arts asiatiques sera fermé du 9 au 10 septembre. – Journées du Patrimoines Le musée sera ouvert le samedi 17 septembre de 12h à 21h et exceptionnellement le dimanche 18 septembre de 12h à 18h. Une visite intitulée La représentation féminine dans les arts asiatiques : épouse, mère et concubine se déroulera le samedi 17 septembre de 19h à 20h30. Elle est réservée au public adulte. – Midi Festival Du 6 au 10 octobre Le Musée des Arts Asiatiques participera au festival. Dans l’attente de la programmation définitive. Exposition réalisée grâce aux prêts des oeuvres de Fang Zhaolin (1914-2006) par la Chine et plus particulièrement le musée de Xuyuan à Pékin qui avait missionné en 2014 Jean-Paul Desroches, Conservateur Général du Patrimoine honoraire, afin de célébrer en Europe, le centenaire de la naissance de cette grande artiste chinoise connue dans le monde entier. Elle a été adaptée pour le Musée des Arts asiatiques de Toulon en sélectionnant 25 oeuvres de grand et moyen format représentant des « Shanshui », paysages chinois de montagnes et eaux, lien évident avec notre ville située entre mer et montagne. Façonnées par un pinceau singulièrement nourri de traditions millénaires et d’antiques pratiques calligraphiques, les grandes compositions de Fang Zhaolin interpellent une Chine en devenir. Ses paysages grandioses paraissent jaillir spontanément, vibrants d’émotions que guide son attachement à une patrie qu’elle a dû quitter et qu’elle entend convoquer. Installée à Hong Kong pendant un demi-siècle, elle écoute battre le coeur de son pays et nous y convie par le truchement du pinceau. C’est précisément cette invitation au voyage intérieur que nous propose cette exposition. Catalogue de l’exposition, édité par les éditions Alternatives Gallimard, disponible en librairie (128 pages – 23€). ++++++++ Entre les hommes et les lieux, il existe parfois des affinités surprenantes – tel est le cas de Fang Zhaolin et de Toulon. Paysage, rivage, voyage, trois composantes que l’artiste chinoise et la cité varoise partagent en commun. En effet, le paysage n’est-il pas leur matrice ! La mer labourée, leur ouvrage ! Le voyage toujours recommencé, leur histoire ! Aussi convenait-il de les réunir le temps d’une exposition. Le musée des Arts asiatiques offrit l’écrin rêvé. Cet hôtel particulier du bord de mer, proche du Fort St Louis qui a vu partir tant de vaisseaux vers des terres lointaines, n’aurait certes pas déplu à cette femme élégante et discrète et dont la vie s’égrène de port en port, Shanghai, Qingdao, Hong Kong… Aujourd’hui Fang Zhaolin serait plus que centenaire (1914-2006). Veuve à 36 ans, mère de 8 enfants, chef d’entreprise, elle n’en demeure pas moins l’une des figures de proue de la peinture chinoise du XXème. Récemment un colloque international la célébrait à Wuxi, sa ville natale dans la province du Jiangsu. L’an dernier, une importante rétrospective lui avait été consacrée au musée des Beaux-arts de Jinan la capitale Shandong. L’Angleterre, la Belgique viennent de l’exposer. Milan, la Cité interdite s’apprêtent à le faire. Disciple des plus grands maîtres, sa vie durant, elle n’a cessé de peindre. Citoyenne du monde, elle ne se lassera pas de parcourir la planète, devenant un témoin incontournable de son siècle. Pourtant c’est vers la Chine, sa terre natale que toute son oeuvre tend. Face à une production considérable et à partir du riche fonds du musée Xuyuan de Pékin, le choix s’est porté sur 25 oeuvres de grand et moyen format illustrant ce dialogue fécond entre mer et montagne. Façonnées par un pinceau singulièrement nourri de traditions millénaires et d’antiques pratiques calligraphiques, ses grandes compositions interpellent une Chine en devenir. Ses paysages grandioses paraissent jaillir spontanément, vibrants d’émotions que guide son attachement à une patrie qu’elle a dû quitter et qu’elle entend convoquer. Installée à Hong Kong pendant un demi-siècle, elle écoute battre le coeur de son pays et nous y convie par le truchement du pinceau. C’est précisément cette invitation au voyage intérieur que nous propose cette exposition. Ses tableaux sont comme autant de fenêtres ouvertes sur une Chine pittoresque et vivante, crêtes et cimes, fleuves ou sentiers, c’est tout un univers peuplé d’une vie intense qui s’offre à nous en devenant réalité sur les cimaises du musée des Arts asiatiques de Toulon. UN EVENEMENT Cette exposition a été réalisée grâce aux prêts des oeuvres de Fang Zhaolin (1914-2006) par la Chine et plus particulièrement le musée de XUYUAN à PEKIN qui avait missionné en 2014 Monsieur Jean Paul Desroches Conservateur Général du Patrimoine honoraire, afin de célébrer en Europe, le centenaire de la naissance de cette grande artiste chinoise connue dans le monde entier. C’est en Belgique que l’exposition fut organisée au Musée des Beaux Arts de Verviers et couronnée par un immense succès. La France ne devait pas être exclue de l’itinérance des oeuvres à travers l’Europe et c’est TOULON qui a le privilège d’abriter les paysages de Fang Zhaolin pendant quelques mois. Ensuite L’Italie les accueillera. Lorsque Monsieur Jean-Paul Desroches est venu à Toulon pour me proposer d’exposer quelques unes des oeuvres de Fang Zhaolin, j’ai d’abord été très honorée d’un tel présent pour le Musée mais aussi j’ai tout de suite pensé que Toulon était le lieu idéal pour accueillir ces paysages Shanshui de Montagnes et eaux, la ville étant située entre le mont Faron, et la Méditerranée Art intellectuel, le paysage chinois même s’il donne à voir le réel, traduit une vision intérieure. Au fil des siècles, avec les apports de la culture occidentale les artistes chinois ont su adapter les traditions à la modernité. Fang Zhaolin en est l’un des précurseurs et, les oeuvres que nous avons choisi d’exposer sont le reflet de sa vision personnelle et très originale de la peinture de paysage chinois de cette époque. Elle a toujours gardé un profond respect envers les grands maîtres de son pays natal qui lui ont enseigné cet art et lui ont ainsi tracé le chemin de la VOIE. UNE ARTISTE TEMOIN DE SON SIECLE Fang Zhaolin, ainsi qu’une pléiade de créateurs issus de cette génération née dans l’entre deux guerres, seront appelés à vivre en marge de leur pays d’origine. Tous ces expatriés s’efforceront de maintenir un lien vivant avec la mère patrie. Témoins de leur siècle, ils sont considérés aujourd’hui comme d’incontournables passeurs permettant de comprendre la Chine moderne. Fang Zhaolin n’échappe pas à cette règle et, dés son enfance, elle se trouve confrontée aux dures réalités de la vie. A onze ans, son père meurt assassiné. Ce contexte de violence qui entoure sa jeunesse, ne parvient pas pour autant à compromettre son éducation. Adolescente, elle quitte sa ville natale de Wuxi pour Shanghai puis pour le « St Joseph College » à Qingdao, avec au retour, un passage à l’université shanghaienne de Guanghua. Toutefois, son appétit à vouloir découvrir le monde l’amène en Angleterre, et en 1937, elle est admise à l’Université de Manchester où elle entreprend un cycle d’étude sur l’histoire moderne de l’Europe. Les liens qu’elle noue alors avec le Royaume-Uni seront déterminants. On la retrouvera régulièrement à Londres où elle séjournera à différentes périodes de son existence. D’ailleurs l’anglais comme le mandarin appartiendra, pourrait-on dire, à son patrimoine génétique. Nombre de peintures figurant à cette exposition seront exécutées en Grande Bretagne comme le mentionnent plusieurs colophons. C’est également à l’Université de Manchester qu’elle rencontre Fang Sinkao, avec qui elle se marie un an plus tard en 1938. Sur ces entrefaites la guerre arrive, le jeune couple migre un temps en Norvège puis rapidement gagne New York. Simultanément la Chine connaît, elle aussi, des heures graves et sa famille va devoir quitter Wuxi. Dans l’après guerre, au milieu du chaos qui règne en Extrême-Orient, les Fang décident en 1948 de se fixer à Hong Kong. Mais le bonheur sera de courte durée. En effet, Sinkao meurt en 1950, lui laissant la charge de huit enfants en bas âge. Aussi va-t-elle devoir prendre son destin en main, et gérer seule l’affaire familiale d’import-export. Face aux multiples obstacles, elle choisit de lutter avec opiniâtreté.