Histoire de fantômes ou comment rafler la mise

D’après Abé Kôbô. En résidence de création Traduction du japonais : Corinne Quentin Adaptation et mise en scène : Yves Borrini, Maryse Courbet Avec : Didier Bourguignon, Maryse Courbet, Eric Lecomte, Lucile Oza, Pascal Rozand Une histoire de fantômes, on n’y croit pas, on y croit quand même, ça fait peur et ça fait hurler de rire, parfois jaune, comme dans un train fantôme. Pièce écrite dans le Japon en ruines des années 50, sous tutelle américaine, un Japon qui amorce sa renaissance. Renaissance au sens propre : passage de la mort à la vie. Les frontières entre ces deux mondes sont alors encore floues. Mais aujourd’hui l’intérêt de la pièce ne repose pas seulement sur sa dimension japonaise. On dirait que Abé Kôbô avait pressenti la crise mondiale actuelle et son cortège de dérèglements. Les deux personnages principaux, Oba et Fukagawa, rescapés et fugitifs, escrocs et profiteurs comme en produisent toutes les guerres, se lancent dans une affaire juteuse à grande échelle : acheter, vendre, échanger les photos des millions de disparus. Le peuple a faim, ça déclenche une ruée. C’est un tourbillon d’argent, de surenchères, de corruptions, de politique mafieuse, d’enrichissement. Ils iront jusqu’à la création d’assurances-vie, de maisons de retraite, de lignes de sous-vêtements… pour fantômes. Une bulle énorme qui finit par éclater. C’est une pièce fleuve à expérimenter sur le plateau en toute liberté. C’est une machine à jouer pour laquelle nous avons réuni des artistes pour leur complicité, leur audace et leur totale insouciance des normes.