La contrebasse

20h30. De Patrick Süskind Mise en scène Daniel Benoin Avec Clovis Cornillac Durée 1h40. Marqué par l’interprétation qu’en a fait l’immense Jacques Villeret il y a vingt ans, le texte de Patrick Süskind prend une nouvelle ampleur sous l’archet de Clovis Cornillac, de retour sur les planches pour ce vivifiant « seul en scène ». Dans son appartement, pleinement dédié à la répétition, un musicien soliloque fait face à une imposante contrebasse, que les rondeurs font émerger du décor. L’interprète flatte cette compagne à quatre cordes, véritable reine de l’orchestre. Le piano ? Voyons, ce n’est qu’un meuble ! Mais après l’éloge pointe la frustration du musicien, indissociable de son instrument, prisonnier d’un registre grave peu flamboyant, son duo versant dans une osmose à la fois précieuse et maudite… Phénoménologue des sens dans la littérature contemporaine, Patrick Süskind passe du Parfum, son best-seller, au son et à la musique dans son unique texte pour le théâtre. Il s’agit d’un véritable récital sur la métaphysique de l’artiste, que Clovis Cornillac, comédien devenu star des écrans, s’approprie entièrement sous la finesse des éclairages du metteur en scène Daniel Benoin. Aucune fausse note dans le premier « seul en scène » de l’acteur des Brigades du Tigre qui engage une lutte subtile, mais sans merci, avec sa contrebasse. Il y prend une nouvelle dimension en se mesurant à l’interprétation du regretté Jacques Villeret, lui rendant ainsi un magnifique hommage.