Le conte d’hiver

Comme tout conte, celui de Shakespeare commence comme dans un rêve, quoiqu’à rebours : les héros, un roi et une reine, bien mariés et sur le point de voir naître leur deuxième enfant, coulent une existence parfaite en leur royaume de Sicile. Mais ce conte-ci est un conte d’hiver et c’est la jalousie, l’insinuante jalousie qui va transformer le bon roi en Tyran et précipiter l’heureuse famille dans la morte saison. Une petite fille abandonnée sur les côtes d’un pays lointain, le Temps, lui-même, qui nous fait faire, en quelques vers, un bond en avant de seize années et tout le génie du plus grand des dramaturges pour mêler habilement comédie et tragédie à une belle réflexion sur l’Art et la Nature… Après la Russiesoviétique du Suicidé, c’est un autre voayge que Patrick Pineau nous propose avec le Conte d’hiver de Shakespeare : un doux balancement entre la tristesse hivernale et l’émerveillement propre aux contes.