L’or et la paille

Ils vivent dans un appartement prêté, ne travaillent qu’occasionnellement et font valoir leur droit à la paresse… Mais un jour qu’elle est poursuivie par un conducteur de taxi qui lui réclame le prix d’une course dont elle ne peut s’acquitter, Géraldine est dépannée par Raoul Gachard, veuf à la tête d’un joli pactole. La jeune femme ficelle un projet machiavélique, quoique naïf, apte à résoudre tous ses problèmes financiers… Les temps ont-ils tant changé ? Cette comédie générationnelle a été écrite en… 1955 et la tonalité amorale et cupide de la pièce « de boulevard » de Barillet et Gredy fonctionne toujours comme un instantané de notre époque. Le genre longtemps dédaigné revient ici dans une sorte d’état de grâce. Avec son quatuor d’acteurs et une mise en scène enlevée et pétillante, Jeanne Herry démontre comment ce badinage vénal dit beaucoup de nos faiblesses : les lendemains qui chantent sont toujours aussi lointains et on persiste à chercher le bonheur là où il ne se trouve pas.