Mer & ciel

Entrée libre. Gratuit. Ouvert du mardi au dimanche de 12h à 18h. Fermé les lundis et jours fériés. Visites guidées pour scolaires et groupes sur rendez-vous uniquement. Jusqu’au dimanche 26 janvier 2014 Mer & ciel L’exposition Mer et Ciel organisée au Musée d’Art à l’occasion de la Mediterranean Tall Ships Regatta (qui s’est déroulée à Toulon fin septembre 2013) présente des peintures d’Olivier Masmonteil, des photographies d’Éric Bourret, Julie Ganzin, Bernard Plossu, Jacqueline Salmon, Joël Tettamanti, Cyrille Weiner, des vidéos de Marcel Dinahet, Caroline Duchatelet, Ange Leccia, Muriel Toulemonde. La mer, masse d’eau qui s’étend à l’infini, aux couleurs multiples, qui se renouvellent sans cesse, révèle ses aspects les plus changeants. Elle entretient d’étroites relations avec le ciel. Pourtant, avant le XIXe siècle, la mer est seulement représentée en peinture comme « décor » d’activités maritimes. Le ciel lui aussi, n’est pas un motif isolé. Il est placé en fond d’apparition divine dans les peintures religieuses. Et, lorsqu’il côtoie la mer, il occupe une place de choix (2/3 du tableau). Il faut attendre l’ère romantique avec Gaspar David Friedrich ou William Turner pour voir se réinventer la peinture du ciel. Mais c’est au milieu du XIXe siècle que les peintres de paysage commencent à représenter la mer telle qu’elle apparaît. Eugène Boudin, par exemple, en saisit les perpétuelles modifications. Surnommé par Corot « le peintre des ciels », Boudin lie définitivement Mer et Ciel dans l’Histoire de l’Art. Autre exemple, en 1854, Gustave Courbet ose peindre la Méditerranée sans personnages, sans artifice, en montrant seulement la mer et le ciel. Au même moment, les premiers photographes tel que Le Gray seront aussi sensibles au paysage maritime. Dans la nature, il y a une sorte de complicité qui se crée entre la mer et le ciel. Ce rapport qui s’établit entre ces deux éléments est peut-être le lien qui unit les peintures, les photographies et les vidéos présentées ici. Cette rencontre de la mer et du ciel s’observe comme un spectacle sans cesse renouvelé, aux modifications surprenantes, qui s’offre aux yeux du visiteur. Dans l’œuvre de Jacqueline Salmon, la représentation du ciel dénote une observation presque scientifique des phénomènes atmosphériques. Les Nuanciers sont des vues prises chaque matin, avec ou sans nuage. Le format vertical leur confère une connotation presque « japoniste ». Éric Bourret nous montre un ciel énigmatique, dont la forme insaisissable, sans haut, ni bas, est ponctuée d’un point blanc au centre. La marche permet à l’artiste de dialoguer avec l’espace traversé et perçu pour faire du paysage une œuvre. C’est au Cap Sicié qu’il produit le polyptique d’eau. Les photographies de Cyrille Weiner et de Joël Tettamanti correspondent à des commandes et se lisent comme un relevé topographique des lieux (presqu’île de Giens, les vieux Salins), celles de Julie Ganzin et de Bernard Plossu sont le résultat d’un travail sur le littoral varois, sur les plages, les criques, les calanques. Les peintures d’Olivier Masmonteil, réalisées à l’occasion d’un tour du monde, ont pour seul sujet la mer et le ciel saisies sous des lumières variées, à l’aube ou au coucher du soleil. L’artiste nous livre sa passion pour le ciel. Il lui réserve, comme dans le paysage classique, 2/3 de la toile. Les nuages sont très souvent présents. La référence à Eugène Boudin est sensible dans une multitude de petits formats de la série « Quelle que soit la minute du jour ». L’œuvre de Marcel Dinahet repose sur une observation des mouvements de la mer, après immersion de la caméra. Caroline Duchatelet filme un paysage maritime qui se transforme sous la lumière. Sa vidéo est extraite de la série consacrée aux aubes. L’eau est un des éléments essentiels autour duquel s’articule le travail de Muriel Toulemonde. Quant à Ange Leccia, il nous propose une nouvelle perception de la mer et du ciel, dans une projection simultanée d’un soleil en mouvement au-dessus de la Méditerranée. Enfin, à l’occasion de la Mediterranean Tall Ships Regatta, Caroline Duchatelet a pour commande une œuvre vidéo ayant pour point de départ la course des grands voiliers, la rade et le littoral toulonnais. La présentation de cette œuvre en janvier 2014, au Musée d’Art sera l’occasion d’une rencontre avec l’artiste.