Meursaults

À 20h sauf les dimanches 4 et 11 à 16h. D’après “Meursault, contre-enquête” de Kamel Daoud. Avec Ahmed Benaïssa et Anna Andreotti. Adaptation et mise en scène Philippe Berling. Création Festival d’Avignon 2015.

L’adaptation à la scène du “Meursault, contre-enquête” de Kamel Daoud, contrepoint algérien à “L’Étranger” d’Albert Camus

Un écho contemporain nécessaire à l’un des romans les plus lus de la littérature française. Hadjout, ex-Marengo, village à l’ouest d’Alger, à notre époque. Dans la cour d’une petite ferme, à l’ombre d’un citronnier, Haroun (Ahmed Benaïssa) rumine le passé en présence de sa mère (Anna Andreotti), femme sans âge qui ne s’exprime que par des chants, des pleurs et des cris de rage. L’homme évoque son frère Moussa, assassiné sur une plage par un certain Meursault. Haroun est obsédé par le témoignage du meurtrier, un livre devenu best-seller dans lequel il nomme simplement sa victime “l’Arabe”. Paru en 2014 en France, finaliste du Prix Goncourt, déjà traduit en vingt-deux langues, le livre brillant de Kamel Daoud figure à la fois comme une suite, un détournement et un reflet contemporain de L’Étranger. L’auteur algérien a fait sien l’absurde qui fonde l’œuvre de Camus ainsi que l’exigence absolue de vérité qui peuvent mener à devenir étranger à la société mais aussi irréductiblement étranger à la résignation et la fatalité. Pour mettre en scène cette œuvre exemplaire du post-colonialisme, dans le sillage d’Albert Camus et de Kamel Daoud, Philippe Berling ambitionne de hisser ces personnes, dont les vies sont minuscules, au rang de rois et de reines, à la hauteur des héros mythiques emblématiques de la culture méditerranéenne. Le Théâtre Liberté garde vos enfants pendant les représentations du dimanche 11 octobre et du vendredi 16 octobre.