Moussa Sarr « Asile » & « Animal & Cie »

Pass Sites. Entrée libre. Gratuit. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis. Fermé dimanche 1er mai. Exposition « Asile » au 1er étage (vidéos et photographies de Moussa Sarr) et « Animal & Cie » au RDC (vidéos d’artistes). Du samedi 14 mai au dimanche 19 juin. Vidéos et photographies. Dans le cadre de leur collaboration effective depuis 2012, l’Hôtel des Arts et le Festival Photomed (6e édition) proposent deux expositions liées par la figure de l’animal : . au 1er étage, Moussa Sarr, dont la pratique de la vidéo et de la photographie font partie intégrante de sa démarche artistique, sera mis à l’honneur avec le projet « Asile ». Sujet de ses propres oeuvres, Moussa Sarr se met en scène pour dénoncer les stéréotypes, les préjugés raciaux, sociaux, l’exercice du pouvoir et les discriminations qui en découlent, sans oublier la place qu’occupe l’art dans ces différents rapports. L’exposition, conduite sous le commissariat de Ricardo Vazquez en étroite collaboration avec l’artiste, invite le public à s’interroger sur les idées reçues, les tensions sociales et le rôle de l’art. . En parallèle, au rez-de-chaussée, l’exposition « Animal & Cie », une sélection d’Arte Video Night réalisée sous le commissariat de Dominique Goutard, Jean-Luc Monterosso et Philippe Sérénon en partenariat avec Arte, place l’animal comme un miroir de l’évolution de notre monde : les déviances du culte du corps, la violence des rapports économiques, la dégradation de l’environnement ou encore la difficulté de se confronter à l’autre… Œuvres des artistes : Abel Abidin, Alice Anderson, Martial Cherrier, Mihai Grecu/Thibault Gleize, Sanna Kannisto, Yves Netzhammer, Chloé Piene et Miguel Angel Rios. ***** Pass Sites Une sélection de Musées et Sites du Var à prix réduits : renseignements dans les Offices de Tourisme, les musées et sites participants, et sur www.visitvar.fr Exposition / Asile « L’homme est un animal qui s’ignore. Le projet Asile se situe dans la continuité de ma pratique artistique, il prend naissance dans mon atelier comme lieu de refuge où tout m’est permis ou presque, c’est un espace de lâcher prise. Ici personne ne me juge, seule la caméra est le témoin de mes actions, je peux donc me métamorphoser comme bon me semble. Je me considère comme un « vidéo-fabuliste » et les animaux que j’incarne personnifient chacun à leur manière, des facettes de l’être humain tout en touchant à des problématiques sociales actuelles et à des questionnements relevant du champ de l’art. La question des préjugés est au coeur de ma pratique, elle fait souvent écho à l’actualité avec humour et positionne le spectateur riant et gêné, dans une certaine zone d’inconfort. Dans le projet Asile je représente nos différentes facettes selon le spectre du règne animal. Plusieurs saynètes s’enchaînent et se font écho les unes aux autres. Un étrange personnage portant un nez bien plus long que celui de Pinocchio, doit faire face à un chasseur qui semble bien surarmé pour lui enlever ce qu’il a de plus précieux : son nez qui est non seulement sa fierté, mais surtout une caractéristique propre à son espèce. Pendant ce temps-là, un pauvre chat se fait agresser et nous supplie de lui venir en aide tandis que trois petits insectes volants se disputent bruyamment le leadership, afin d’avoir toute notre attention. Nous l’avons bien compris, il est ici question des rapports de force entre les individus. Et si l’on en croit la fameuse fable Le loup et l’agneau de Jean de La Fontaine l’issue est courue d’avance : « La raison du plus fort est toujours la meilleure… ». Car c’est bien de fables dont il s’agit ; mais celles-ci, pleines d’utopies, n’ont pas de fin, car seul le spectateur peut créer sa propre morale en fonction de l’histoire qui se déroule devant lui. D’ailleurs, pour nous aider dans cette démarche, il y a ce canard nommé Duck Man ; grand critique d’art et philosophe qui nous explique la vie. Et même si son discours ressemble parfois à du charabia il a beaucoup de choses à nous apprendre; surtout à propos de ce singe Super Congo devenu maître de l’expressionnisme abstrait… » Moussa Sarr Moussa Sarr est né en 1984 à Ajaccio, France. Après avoir terminé son cursus à l’école des Beaux-Arts de Toulon en 2008, il participe à de nombreux événements et expositions telles que le Salon d’Art contemporain de Montrouge et Jeune création en 2008. Son travail a été sélectionné pour la FIAC 2010, dans le programme Cinéphémère de la Fondation Ricard. En 2011, il a été invité par la BJCEM (Biennale des Jeunes Créateurs de l’Europe et de la Méditerranée), Thessalonique, Grèce. En 2012 ses vidéos sont montrées au Musée de Beaux Arts de Boston lors de l’événement The 17th Annual Boston French Film Festival. En 2013 il étudie au Fresnoy Studio national des arts contemporains et participe à l’exposition collective « Mirages d’Orient, grenades et figues de barbarie » à la Collection Lambert à Avignon. En 2015 son travail est montré au Photomuseum winterthur (Zurich). Aujourd’hui ses oeuvres ont intégré des collections prestigieuses telles que celles du Fonds National des Arts Plastiques à Paris, Artemis / François Pinault et le Centre Pompidou. Exposition / Animal & Cie Animal & Cie rassemble des vidéos d’artistes dans lesquelles l’animal tient lieu de métaphore. C’est, en effet, par l’allégorie que s’expriment parfois le mieux les problématiques sociales. Puiser dès lors son inspiration dans le règne animal permet d’introduire dans le récit des analogies pertinentes et de se jouer avec humour de sujets graves ou angoissants. Dans la vidéo encore inédite en France de l’Argentin Miguel Angel Rios qui est présentée, les chiens qui creusent inlassablement d’improbables tunnels, symbolisent les migrants qui cherchent désespérément à rejoindre l’autre rive. Cette frontière que constitue tout obstacle humain ou naturel, se retrouve chez l’Irakien Adel Abidin qui, dans « Mémorial », illustre la tragédie qui guette tout candidat à l’exil. Dans « Glucose », le Roumain Mihai Grecu retrouve les obsessions de ses premières vidéos. Des poissons traversent les parois de verre de leur bocal, évoquant l’universel désir de retrouver la liberté. Et si Martial Cherrier s’identifie aux papillons, c’est parce que les lépidoptères sont les insectes qui, dans la nature, subissent la plus profonde métamorphose. Tout comme le culturiste qui construit jusqu’à l’excès, un corps hors norme, hypertrophié et bodybuildé. L’Américaine Chloe Piene en s’incarnant dans une louve féroce et inquiétante, fait surgir les fantômes d’une animalité que l’on croyait à jamais disparue. Avec l’Anglaise Alice Anderson, un envol d’oiseaux traduit parfois de manière troublante la fulgurance de l’inattendu. C’est avec humour que la Finlandaise Sanna Kannisto, s’intéressant aux parades nuptiales de grenouilles amazoniennes, découvre un spectacle ambigu : le farouche combat des mâles. Tous ces bestiaires qui sont le propre des poètes et des écrivains, trouvent dans l’art vidéo un exécutoire à leur mesure. En introduisant le mouvement, la couleur et le son, les vidéastes inventent ainsi les nouvelles fables du XXIème siècle.