La nuit de Domino

Le monde de Domino s’est écroulé : son amour n’est plus là, emporté par la mort. Comment choisir entre la peur de mourir et la peur de vivre sans l’autre ? L’envie est là de stopper cette illusion de vie mais, peu à peu, la nuit s’écoule, on se confie au vide, on chante ces chansons qui nous lient à la communauté des vivants, les douleurs étonnamment s’apaisent. Et le deuil s’accomplit. Avec sa présence subtile et son jeu tout en douceur, Stephan Pastor habite depuis de nombreuses années les pièces de François Cervantes, présent cette saison au Liberté avec Le Prince séquestré. Avec ce spectacle qu’il a écrit, mis en scène et interprète, il veut partager une expérience vitale. Mais évoquer le caractère autobiographique de l’œuvre ne suffit pas : au-delà du vibrant hommage personnel, l’intime donne ici accès à l’universel. En interpellant le disparu, Domino s’adresse au monde. Médiateur entre l’art et la vie, il donne à voir la longue transformation de l’individu désespéré en celui qui continue à vivre et à faire vivre à travers le théâtre.