La révolte

Épouse, mère et collaboratrice irréprochable, Élisabeth termine tard sa journée auprès de Félix (Hervé Briaux), son époux conformiste et matérialiste. Mais c’est bien elle qui a permis au couple de tripler sa fortune grâce à des investissements avisés. Étouffant de ce manque d’horizon, elle annonce qu’elle part sur le champ loin de ce monde de convenances pour enfin vivre sa vie. La critique du couple bourgeois du XIXe siècle, et à travers lui du statut de la femme jusqu’à aujourd’hui, porte toujours, surtout sous la plume incisive d’Auguste de Villiers de l’Isle-Adam. L’auteur signe avec cette fable sociale un manifeste poétique et politique. Il y a de l’Emma Bovary et de la Nora d’Ibsen chez l’héroïne de ce vaudeville grinçant, à l’étroit dans un statut de pièce féministe auquel on ne peut le limiter. Marc Paquien orchestre avec finesse ce règlement de comptes, qu’il souligne en fond de scène d’un sublime travail de lumières (signées Dominique Bruguière) comme pour éclairer les carcans sociaux qui fondent notre propre captivité.