Le roi Lear

Lear annonce son désir de se retirer du pouvoir et de diviser son royaume entre ses trois filles, Goneril, Régane et Cordélia. Mais auparavant, il demande à chacune de déclarer leur amour filial. Les deux aînées, perfides, flattent leur père tandis que la cadette adopte un discours plus sincère et réservé. Le vieux roi annonce alors qu’il ira vivre alternativement sur les terres de Goneril et Régane tandis qu’il chasse Cordélia. Le souci d’équité aboutit au chaos, le désintéressement mène à la mort. Quel sombre tableau de l’humanité dresse Shakespeare dans son chef-d’œuvre ! Pour Olivier Py, le langage ne crée plus mais fait courir les hommes à leur perte : Lear ouvre à un monde où l’extermination devient systématique et érige la pièce en « œuvre que le XXe siècle a confirmée jusque dans sa plus grande noirceur ». Après la tonalité très contemporaine de Roméo et Juliette, tragédie de la liberté qui n’hésitait pas à recourir à l’humeur de la comédie, Olivier Py s’attelle avec sa prestigieuse troupe de treize comédiens (dont Jean-Damien Barbin, Nâzim Boudjenah de la Comédie-Française et Amira Casar) à une ambitieuse « tragédie sans liberté, tragédie sans voix dans laquelle on n’entend plus que le souffle de la tempête ».