Reste(s)

Après-guerre. Le père rentre du front, aveugle. Pendant son absence, Ivan a endossé le rôle de chef de famille. Sa femme et leurs deux filles ne semblent pas s’en plaindre, l’homme doit alors vivre comme un fantôme. Mais dans cette situation humiliante, les pulsions destructrices se réveillent. Si “Guerre” de Lars Norén, écrit en 2003, abordait frontalement le sujet, en allusion à tous les grands conflits récents sans les nommer, ces acteurs vingtenaires cherchent d’abord à définir comment cette insondable sauvagerie humaine résonne en eux. Décontextualisée, la pièce s’ouvre à de nombreux glissements alimentés par l’apport des acteurs eux-mêmes mais aussi de nombreux témoignages de conflits. Dans une scénographie constituée de jouets d’enfants, cette adaptation très libre affirme sa distance, voire même la virtualité du sujet pour de jeunes citoyens européens vivant en temps de paix. Sans misérabilisme, elle interroge les clichés avec humour pour comprendre comment faire face à un phénomène qui abolit jusqu’au concept de civilisation.