Torito

De Jacques Probst. Cie Dozithéâtre. Avec Thierry Zinn. Création musicale Miqueù Montanaro. Un homme livre son ultime combat. Il est boxeur, il est « El Torito » un des quartiers de la Quema de Buenos Aires, une idole nationale reconnue dans le monde entier. Il se voit, se parle, seul, dans une chambre d’hôpital où il convoque la foule, cette foule qui l’a tant aimé puis rejeté pour avoir perdu un seul combat. Et alors qu’il ne s’est jamais posé de question durant sa vie, il essaie de comprendre pourquoi… La force de ce texte c’est de nous livrer la parole d’un homme dont l’engagement était absolu. C’est intense, ça crie, ça souffle, ça danse car il y a du style dans le jeu de jambes du boxeur pour lequel on a écrit un tango. Mais c’est aussi les silences de cette fin de vie d’un homme au passé glorieux, au présent solitaire qui se bat une dernière fois contre tout ce qui le hante avec le regret de n’être pas mort au combat. De l’excitation du combat à celle de jouer sur scène, il est question de la même mise en abîme que le boxeur apprivoise le temps d’un match, que le comédien éprouve le temps d’une représentation… pour répondre au désir d’être aimé, reconnu… C’est une violence, une énergie que la pratique de ces disciplines, boxe et théâtre, nous apprend à maîtriser pour donner le meilleur de nous-mêmes. Torito s’inspire d’une histoire vraie, celle de l’argentin Justo Suarez dont la carrière de boxeur fut stoppée par une tuberculose qui l’emporta à l’âge de 29 ans en 1938. Jacques Probst, auteur dramatique et comédien né à Genève, reprend à son compte un texte de Julio Cortázar. En 12 reprises, avec un texte swinguant et mélancolique, il évoque le fulgurant destin de ce gamin des faubourgs de Buenos Aires parti chercher la gloire en Amérique : El Torito de Matadores. www.dozitheatre.over-blog.fr