XYZT – Les paysages abstraits

Pass Sites Entrée libre. Gratuit. Visites commentées tous les mercredis à 15h30. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermé les lundis. Un titre mathématique X Horizontalité, Y Verticalité, Z Profondeur, T Temps. Quatre lettres qui servent à décrire, dans le formalisme mathématique, le mouvement d’un point dans l’espace. Brique essentielle des sciences, la force descriptive et abstraite des mathématiques peut aussi être un outil de recherche créative, s’émancipant de la démarche technique et scientifique, permettant d’appréhender la matière sous un autre angle. C’est dans ce décalage, sur le fil étroit entre le réel et le virtuel, que peut se déployer l’imaginaire du mouvement… Un parcours scénographique comme une promenade Le parcours est conçu comme la traversée d’une nature revisitée, entre le géométrique et l’organique. Les mouvements des objets virtuels sont basés sur des modèles de comportements physiques empruntant à la réalité sa force d’évocation, et le traitement esthétique ouvre sur un espace minimaliste et onirique. Des fragments de sensations concrètes tels que marcher dans l’herbe, mettre les mains dans le sable sont transposés dans un univers numérique abstrait composé de lignes, de points, de lettres. Le parcours offre des variations d’échelles entre les modules : certains sont volumineux, panoramiques, d’autres plus petits et intimes, déclinent une variété de sensations. Les mouvements des formes et des signes s’enchaînent et se répondent dans un langage graphique cinétique. Les installations explorent des interactions inédites ou exploitent d’anciennes techniques d’illusions, jouent avec l’espace et ses dimensions. Mais pour le visiteur, elles offrent surtout la possibilité d’habiter un espace par des expériences réduites à l’essentiel, des manipulations simples qui permettent de créer des formes, de dessiner le monde, empruntant au jonglage le goût du jeu sans règles et aux sciences l’appétit de curiosité et de découverte. Une expérience numérique sensible Cette exposition prend sa place dans un projet artistique global qui est animé par la recherche sur les rapports numériques sensibles entre corps et objets en mouvement. Le vivant est l’axe majeur autour duquel se concentrent les créations de la Compagnie, avec la spécificité d’avoir inscrit au coeur et à l’amorce du processus un outil informatique développé surmesure : eMotion. Cette direction de recherche trouve de multiples formes sous lesquelles s’incarner, du spectacle à l’installation, de la petite à la grande échelle. Avec l’exposition XYZT, Les paysages abstraits c’est une expérience plastique sensible mettant en jeu le corps du visiteur qui est proposée, se plaçant ainsi sur un territoire à la frontière entre arts plastiques et arts vivants. Au rythme auquel il choisit de le parcourir, le spectateur se meut dans un environnement qui entre en relation avec lui, il fait la rencontre d’une matière virtuelle numérique vibrante, éphémère, mobile, inscrite dans le temps et l’espace, générative de gestes et de sons, manifestation d’une sensibilité au monde. À propos du mouvement «Je pars de l’axiome que le mouvement est un vecteur d’émotion. Pour un informaticien, considérer cet axiome implique de fournir des outils d’édition suffisamment précis et expressifs. Il ne s’agit pas uniquement de dire qu’un objet se déplace de tel endroit à tel autre, mais comment il effectue ce déplacement. Il est donc important d’introduire une notion de “qualité” de mouvement, de la même manière qu’en danse on parle de “qualité” d’un geste pour décrire s’il est lent, tremblant, rapide, mou, dur, doux, souple, tendu, bref quelle énergie l’anime. Pour réaliser ce système, j’ai choisi de me baser sur une modélisation mathématique des lois de la nature – on appelle ça un modèle physique. Depuis que nous avons ouvert les yeux, nos sens sont intimement habitués à lire le mouvement des corps quels qu’ils soient. Or, dans le monde réel, tous les corps sont soumis à un ensemble de lois – gravitation, conservation de l’énergie, frottements… Il est donc logique d’utiliser ce même ensemble de règles pour les appliquer à des objets virtuels. C’est même impératif pour que l’objet porte une certaine sensibilité dans son mouvement. Adrien Mondot Vernissage le vendredi 8 février à 18h30